Objectifs du réseau Autisme-Science


Comme nous le savons tous, l’autisme est la plus grave des psychopathologies du développement. Les troubles des capacités d’interaction sociale, les problèmes marqués de communication verbale et non-verbale, et le champ restreint d’intérêts qui caractérisent l’autisme sont le résultat d’anomalies cérébrales qui surviennent durant le premier développement et ont, pour une part notable, une origine génétique. La nature de ces anomalies commence à être cernée mais les liens avec les caractéristiques comportementales de l’autisme sont loin d’être actuellement identifiés. Ne sont pas élucidés non plus les marqueurs biologiques de ce syndrome ni les modes d’intervention les plus efficaces. Ces constats sur les connaissances et méconnaissances galvanisent l’intérêt, dans la mesure où l’objectif des recherches est double : tout d’abord et premièrement découvrir l’origine du trouble et les traitements adéquats, mais aussi mieux comprendre les interactions réciproques entre développement cérébral, cognition et comportement.

La pluridisciplinarité s’impose. En France, les forces pluridisciplinaires, certes encore modestes en nombre, sont réelles mais dispersées. Cette situation amène la communauté scientifique concernée à la constitution d’un réseau national pluridisciplinaire sur le thème de l’autisme. Les objectifs principaux du réseau sont de trois types

I. Identifier et construire la communauté scientifique des différentes disciplines d’étude de l’autisme

Une première approche vise à constituer une communauté scientifique nationale des chercheurs dans le domaine de l’autisme. Elle implique d’identifier les laboratoires du CNRS, de l’INSERM, des Universités et des Grands Organismes dans lesquels s’inscrivent des opérations de recherche sur l’autisme, et de susciter la présentation de ces recherches dans un cadre de rencontre entre spécialistes des diverses disciplines scientifiques concernées par l’autisme : neurosciences et sciences cognitives telles la neurobiologie, la neuropsychologie développementale, la psychopathologie développementale, la psychopharmacologie, les sciences et techniques du langage, l’informatique, la robotique, les technologies des systèmes interactifs virtuels, mais aussi la génétique, l’épidémiologie, la biologie moléculaire, la modélisation animale, etc. Les présentations de recherches collaboratives interdisciplinaires seraient privilégiées

II. Encourager les rencontres pluridisciplinaires et les relations interdisciplinaires régionales, nationales et internationales

ateliers régionaux

Les ateliers interdisciplinaires régionaux du Réseau des sciences cognitives permettent de promouvoir de tels échanges. L’atelier Autisme lancé le 7 Février 2004 lors des journées annuelles du Réseau Ile de France du RISC a déjà marqué en 4 communications l’intérêt de rencontres ciblées sur les recherches interdisciplinaires. L’atelier se déroulera mensuellement, mais il risque évidemment d’avoir une audience majoritairement parisienne, même s’il veillera à des invitations nationales. D’autres initiatives en région pourraient faciliter les échanges.

rencontres nationales et internationales

C’est pourquoi une autre approche consiste en Journées Scientifiques Nationales permettant à diverses spécialités de présenter leurs travaux devant une assemblée pluridisciplinaire, en privilégiant systématiquement les présentations interdisciplinaires. La première de ces journées s’est déroulée le 17 Mai 2004. Une deuxième pourrait avoir lieu en Novembre prochain.

III. Organiser la communauté scientifique et sa visibilité


La mise en place d’une entrée AUTISME du sîte du RISC (sîte des Sciences Cognitives) est le premier pas en ce sens. Elle permettra de constituer un annuaire des structures et des chercheurs dans le domaine de l’autisme, et une rubrique de publications et d’actualité de recherche.

France Telecom Mécénat Autisme nous offre dores et déjà la possibilité d’ouvrir un forum de discussion sur son site Autisme. D’autres interfaces sont à nouer avec des communautés déjà bien établies comme l’ARAPI, qui la première a su constituer une communauté rassemblant scientifiques, praticiens et parents. Nous n’allons pas nous priver des bénéfices que représente leur travail de pionniers, mais nous garderons nos objectifs qui sont différents, centrés sur la coordination scientifique des études sur l’autisme.

Jacqueline Nadel
Réseau autisme

Contact : Jacqueline Nadel